Les personnages principaux

Retrouvez chaque semaine les portraits des personnages principaux du roman…

Jade Valois

Jade Valois est une orpheline, fille d’une ex-orpheline. La mère de Jade est d’origine chinoise. Ses parents, un couple d’universitaires de province qui n’arrivaient pas à avoir d’enfant et qui avaient des amis diplomates, l’adoptèrent sur le tard à l’orphelinat de Nankin alors qu’elle avait un peu plus de deux ans. Jade n’a que très peu de souvenirs de ses grands parents, déjà âgés à la naissance de leur petite fille.

Le père de Jade était policier. Il décéda en mission avant que sa fille n’en ait fini avec son complexe d’Oedipe. Jade est pourtant incapable d’expliquer aujourd’hui pourquoi elle a choisi de travailler dans la police. Elle avait au départ une vocation pour les langues et outre l’anglais, elle parle le chinois, le russe et l’allemand. C’est sans doute cette qualité qui favorisa sa nomination au sein de la « Sous-Direction des Affaires Sensibles », sous les ordres de François Dugommier.

Le père de Jade était un passionné de jazz, il aimait aussi la musique classique. En l’abandonnant à l’orée de son adolescence, il a fait de sa fille une passionnée de musique classique qui aime aussi le jazz. Elle a d’ailleurs gardé chez elle la platine vinyle de son enfance. C’est sans doute cette appétence musicale qui favorise son détachement lorsque surgit une affaire autour de la Philharmonie de Paris.

Jade Valois est finalement une orpheline qui doit beaucoup trop à son père…


André Zeitoun

André Zeitoun est l’administrateur de l’Orchestre national philharmonique de Radio France. Il a fait toute sa carrière dans le domaine de la musique classique. Etudiant, il faisait des piges pour des magazines spécialisés en rédigeant des chroniques sur les dernières nouveautés phonographiques. Cela lui permettait d’obtenir des invitations ou de pouvoir acheter des places pour les concerts de ses interprètes favoris. C’est là qu’il contracta le virus du concert, la pratique des coulisses et sa passion pour les artistes. Après un premier emploi auprès d’un producteur de concerts classiques qui le payait au lance-pierre, il réussit à obtenir un poste dans les services artistiques des labels classiques de Sonachi puis d’Entertainment Inc. Il finit par se faire licencier, « comme tout le monde », à l’occasion d’une énième restructuration, mais fut rapidement récupéré par Radio-France qui connaissait l’épaisseur de son carnet d’adresse et sa faculté pour communiquer avec les musiciens. Il leur fut plus que précieux pendant la houleuse fusion des deux orchestres de la maison de la radio, ce serpent de mer politique qui se concrétisa un lendemain d’élections, car il était le seul membre de l’administration de la grande maison à garder le contact et à parler avec les musiciens en grève.

Zeitoun sait qu’il a gagné son barton virtuel de maréchal à Radio France grace à cette précieuse médiation, et que sauf accident, il est maintenant tranquille et peut se laisser glisser en pente douce vers une retraite paisible. On ne peut pas dire non plus que la perspective l’enchante. Même s’il est lucide, comme tout le monde il ne s’est pas vu vieillir, et il n’est pas pressé que tout cela s’arrête. Il connait bien son petit monde et ne doute pas de l’efficacité de sa capacité d’oubli…


Camille Dessandre

Camille Dessandre est une pianiste pour qui la vie avait trop bien commencé. Elle fut élevée au sein d’une famille mélomane aisée et sans problème, et enfant elle croyait qu’il en serait ainsi pendant toute son existence de petite princesse du piano. Puis ses parents divorcèrent, ce qui fut une première et terrible épreuve, à une époque où elle avait déjà choisi la filière musicale. Elle était douée, plutôt jolie, on lui promettait une superbe carrière. Elle monta donc à Paris, où elle s’aperçut que toutes les pianistes étaient jolies et douées. Mais elle rencontra le pianiste Fabrice Lucas au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse et tomba aussitôt amoureuse de lui. Lucas n’est peut-être pas le pianiste le plus doué de sa génération ni le plus créatif, mais c’est sans doute le plus bosseur, le plus politique et le plus ambitieux. Au début, le jeune couple avait tout pour lui, Lucas commençait à avoir un certain succès, son agent Roland Courjeaux qui était au fait de son succès accepta même de veiller aux destinées de Camille. Les invitations pleuvaient, à jouer, à sortir, et Camille se laissa porter et bercer par cette dolce vita musicale.

La chute n’en fut que plus dure lorsqu’au bout de huit années de vie commune Lucas la quitta pour un mannequin de mode, avant d’épouser deux ans plus tard une directrice de presse très en vue. Les invitations pour Camille disparurent presque instantanément, les amis devinrent plus rares et les engagements aussi. Camille doit aujourd’hui se battre au quotidien pour vivre de son métier, aidée par un couple de modestes mécènes qui pallient comme ils peuvent les absences et les carences de son agent. 


Léandre Missian

Léandre Missian a besoin de prouver à ses parents qu’il a réussi. C’est parfois le problème lorsque la vie est trop clémente avec vous, le fait de naître avec une petite cuillère dans la bouche n’excluant pas l’envie d’exister et de briller sous la lumière. Le problème de Léandre est qu’il a de surcroit choisi de s’affirmer dans le même domaine que son père, celui du monde des affaires.

Sa rencontre avec l’informaticien Jacques Casterède est cruciale. Casterède est un spécialiste de l’intelligence artificielle, il a l’intuition du projet Chopart. Léandre, lui, en saisit immédiatement le potentiel marketing mais surtout politique. Dès lors les deux hommes scellent un pacte diabolique qui permet à Léandre d’accéder là a direction de la branche locale de la major Entertainment Inc. (1) pendant que son ami et complice devient directeur international du service informatique. Le tout en attendant de trouver mieux car ils n’ont pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin.


François Dugommier

Pourquoi tous les policiers seraient-ils systématiquement bourrus, incultes et alcooliques ? François Dugommier ne fait pas partie de ceux-là. Il ne descend pas non plus du célèbre général éponyme, dont le véritable nom rappelons-le était Coquille. Dugommier a tout d’abord entrepris des études littéraires puis ambitionné une carrière diplomatique avant d’entrer dans de la police par le biais et le hasard des rencontres. Ce sont ses qualités d’entregent, de calme et de diplomatie, mais aussi sa capacité à trancher qui l’ont amené à prendre la direction de la toute nouvelle « Sous-Direction des Affaires Sensibles » au 36 rue du Bastion, le siège de la Police Judiciaire.

Si Dugommier est un littéraire féru d’histoire, il ne connait par contre rien ou pas grand chose à la musique classique. Lorsqu’il est appelé pour intervenir en urgence à la Philharmonie de Paris, il a la finesse de comprendre qu’il va devoir s’adapter au milieu dans lequel son service fait irruption. Heureusement, il compte dans sa petite équipe en sous-effectif permanent une jeune femme qui a très envie d’évoluer et qu’il sait amatrice de musique classique à ses rares heures perdues.


Roland Courjeaux

Roland Courjeaux est un agent, cette étrange race d’êtres hybrides qui tantôt esclavagisent et tantôt subissent les sévices de leurs artistes, l’un n’excluant pas simultanément l’autre. Roland Courjeaux a presque toujours été agent. Auparavant il était enfant, chantait dans une maîtrise tout en servant à la messe, sa famille ayant toujours été très croyante. Il commença dans la vie professionnelle en aidant son père qui avait crée un petit label de productions d’albums de musique catholique à Neuilly-sur-Seine. Entre les concerts de rock catho à Versailles et l’organisation des parties musicales des Journées Mondiales de la Jeunesse, il tomba éperdument amoureux d’un jeune contreténor claveciniste à qui il prédisait une carrière digne de Scott Ross et Alfred Deller réunis. Il s’improvisa donc agent. Au début tout marcha bien. Puis le contreténor claveciniste le plaqua, tout en le plumant. Ce n’était pas grave, en tout cas financièrement, car pour le coeur ce fut une autre histoire : Courjeaux avait déjà tissé des liens de confiance dans le milieu et n’eut pas de mal à se faire embaucher chez un confrère, avant de créer sa propre agence.

Comme Zeitoun – ils ont a peu près le même age – , il a un carnet d’adresse plus que copieux, et il a choisi avec flair quelques artistes qui lui permettent de bien vivre sans trop travailler, en attendant les coups de fils pour faire tomber les engagements sans douleur. Certains jours, il se demande pourtant pourquoi son flair lui a tant manqué le jour où il a accepté de travailler avec la pianiste Camille Dessandre, dont la notoriété est moindre et pour laquelle il faudrait bosser un minimum, voire décrocher son téléphone pour espérer obtenir des résultats. Mais, ça, c’était avant que la Philharmonie ne programme le fameux concerto de Chopart…


Jacques Brana

Jacques Brana est l’exécuteur des basses oeuvres de Dugommier, son fidèle lieutenant depuis plusieurs années. Il n’aime pas la musique classique, il ne lit jamais, il préfère rire – de préférence grassement -, regarder la télé avec sa femme, blaguer avec les collègues, picoler avec les copains. Mais il aime également bosser.

Les parents de Brana étaient commerçants à Saint-Jean-Pied-de-Port, mais ils surent très vite que leur fils ne reprendrait pas la petite affaire familiale. Jacques n’avait ni le sens des affaires, ni celui du contact client. Sa carrière au sein de  la police aurait pu être tout à fait basique s’il n’avait croisé un jour François Dugommier. Brana admire en Dugommier tout ce qu’il n’est pas. Dugommier a détecté en Brana le potentiel d’en faire son bras armé. La paire ayant toujours fait ses preuves, Dugommier n’hésite donc pas à emmener Brana avec lui pour sa nouvelle affectation… même si l’intitulé de celle-ci inclut le mot « sensible »…


Philippe Marleau

Imaginez Woody Allen qui descend les poubelles en enfilant à la hâte l’imperméable de Columbo, et vous aurez une idée de l’impact visuel du personnage. Marleau, de son vrai nom Etienne Marbeau est un raté doublé d’un mythomane. Il a commencé sa carrière dans la police judicaire, dont il s’est fait virer au bout de quelques années à l’issue d’une affaire assez trouble où il servit à son insu de marche-pied à un collègue ambitieux (2). Après une première carrière, beaucoup se reconvertissent en devenant consultant : Marbeau développa son consulting à lui en ouvrant à Paris son agence de détective privé sous le nom d’artiste de Philippe Marleau. Et quel artiste! Le plus souvent à l’affut de la première fausse piste venue, généralement aussi discret qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine… et le tout baigné dans une tentative de vaine reconstitution de l’atmosphère des héros de son acteur fétiche Humphrey Bogart. Mais n’est pas Humphrey Bogart qui veut, ni Philip Marlowe, ce qui fait finalement d’Etienne Marbeau alias Philippe Marleau un cas d’école aussi pathétique que singulier.