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Ce serait dommage de lire En Attendant Boulez sans écouter certaines des musiques évoquées. Il s’agit d’un petit exercice pourtant pas toujours si simple que ça, car dans ce roman on n’entend pas toujours de quoi on parle, et on parle aussi de musiques qui n’existent pas toujours… Mais cela rend l’exercice d’autant plus amusant…

Découvrez au fil des semaines les musiques évoquées  dans le roman « En Attendant Boulez »

On n’entend pas toujours de quoi on parle… à commencer par Boulez : il est omniprésent par petites touches dans le roman, mais c’est le grand absent par définition puisque ce compositeur nous a quittés en 2016, et qu’aucune de ses œuvres n’est donnée en concert ni diffusée pendant la narration. Néanmoins, la roman l’évoquant en filigrane, je me ferai un malin plaisir à agrémenter l’écoute de quelques unes de ses compositions.

A tout seigneur, tout honneur, commençons donc par Pierre Boulez. Une de ses oeuvres les plus abordables est sans doute sa série de Notations (pour piano, puis transcrites à l’orchestre). En voici la deuxième (courage, elle dure moins de deux minutes!) :

Boulez : Notation n°2 pour orchestre (Simon Rattle, Orchestre Philharmonique de Berlin)


Le logiciel Chopart pose aussi un problème, il n’existe pas d’extrait sonore à faire entendre par définition… en tout cas pour l’instant! Ce qu’on sait du concerto, c’est qu’il allie l’élégance de l’écriture orchestrale de Mozart et le romantisme du piano de Chopin, alors voici le second mouvement d’un des concertos de chacun :

Mozart : Concerto 23 pour piano et orchestre : Adagio (Maria Joao Pires, piano. Max Rabinovitsj, Orquestra Gulbenkian )


C’est une version de Maria Joao Pires, d’abord car c’est une magnifique mozartienne, aussi et parce que Camille Dessandre parle d’elle dans le chapitre 5.

Chopin : Concerto pour piano et orchestre n°2 : Larghetto. (Martha Argerich, piano. Chef et orchestre non spécifiés)  


Le choix de Martha Argerich au piano n’est pas anodin non plus, elle a inspiré quelques passages du roman, en particulier le concept d’ « album de chevet ».

Non, Han Li, la pianiste chinoise du roman n’est pas Yuja Wang! Elle fait partie de la génération qui a suivi celle de Lang Lang et de Yuja. Mais comme Han Li elle-même s’est sûrement inspirée sa jeune ainée, voici une petite plage musicale wangesque :

Mozart / Volodos : Marche Turque (revisitée) – Yuja Wang


Dans le premier chapitre, on apprend que Zeitoun, l’administrateur de l’ONPRF, a programmé la saison suivante une violoncelliste dans Tout un Monde Lointain de Dutilleux, dont voici l’ouverture :

Dutilleux : Tout un Monde Lointain pour violoncelle et orchestre (Nicolas Altstaedt, violoncelle. Joshua Weilerstein, Rotterdams Philharmonisch Orkest


Au chapitre 3, Jade écoute du jazz dans son studio. Elle met un vinyle de Melody Gardot:

Melody Gardot : Baby I’m a fool


Mais elle a aussi du Coltrane dans sa discothèque puisqu’elle hésite entre les deux artistes :

Duke Ellington & John Coltrane : In a Sentimental Mood


On apprend dans ce même chapitre qu’un violoniste de l’écurie de Courjeaux va aller jouer le concerto de Mendelssohn au Concertgebouw d’Amsterdam.

Mendelssohn : concerto pour violon et orchestre op 64. 1er mouvement (Maxime Vengerov, violon. Gewandhaus Orchestre Leipzig, Kurt Mazur)


Dans le chapitre 4, Jade assiste à un répétition d’Ostrenkov dans l’Auditorium de Radio France. Il y dirige la 7ème symphonie de Beethoven. Jade parle de l’interprétation du célèbre Allegretto de cette oeuvre avec Zeitoun, qui cite en particulier Furtwängler à ce sujet. Voici donc le chef allemand en concert dirigeant cette oeuvre :

Beethoven : Symphonie N°7. Allegretto. (Wilhelm Furtwängler, Berliner Philharmoniker – 1943) :


Dans ce même chapitre puis plus tard, Camille Dessandre joue la Sonate en si mineur de Liszt. La voici dans l’interprétation de Martha Argerich, la version de « chevet » de Jade! (La partie que Camille enregistre dans ce chapitre se trouve à 16’40)

Liszt : Sonate en si mineur (Martha Argerich) :


Lorsqu’elle parle avec Camille, Jade évoque la chanson No Surrender de Springsteen (dont son père était fan).

Bruce Springsteen & The E Street Band : No Surrender


Lors du chapitre 6, Zeitoun évoque une anecdote lors d’une répétition d’un opéra de Wagner sous la direction de Karl Böhm. Voici une répétition du Prélude du 3ème acte de Tristan & Isolde par Böhm en 1966, dans une ambiance on ne peut plus bon enfant!

Wagner : Tristan und Isolde. Prélude de l’acte III. (Karl Bohm, répétition – Bayreuth 1966) :


Lors du concert qui précède le dîner chez les Fergnot, Charles Levain interprète le concerto pour violon de Khatchatourian sous la direction d’Ostrenkov, puis lors du dîner qui suit, les convives évoquent la version de Nemanja Radulovic. Voici un extrait de cette version :

Khatchatourian : concerto pour violon et orchestre. 3ème mouvement (Nemanja Radulovic, violon. Borusan Istanbul Philharmonic Orchestra, Sasha Goetzel) :


Lorsque Jade est présentée à « la » Petrovna, cette dernière lui conseille d’écouter ses concertos de Ravel :

Ravel : Concerto en sol – 3ème mouvement (Martha Argerich, piano. Orchestra Sinfonica Nazionale de la RAI, Andrej Boreyko) :


Plus tard dans la soirée, les convives discutent des meilleures versions des symphonies de Mahler. Ils évoquent en particulier Horenstein (pour la 3ème), Abbado (avec Lucerne et Berlin à la fin de sa vie) et Boulez (ce qui permet d’écouter Pierre Boulez comme chef d’orchestre):

Mahler : Symphonie n°3. 1er mouvement, Kräftig, Entschieden (Jascha Horenstein, London Symphony Orchestra) :


Mahler : Symphonie n°9. Fin du dernier mouvement (Claudio Abbado, Lucerne Festival Orchestra ) :

ou quand le silence après la musique est encore de la musique…

Mahler : Symphonie n°4. 3ème mouvement, Ruhevoll (Pierre Boulez, Cleveland Orchestra) :

https://www.youtube.com/watch?v=O7TSECsEKTw&list=PLY7haHo2VA5NRfzYSBsVFm466J_qG89yX&index=3

Allez, parions qu’ils l’ont entendue ou chantonnée lors de leur virée après le dîner :

Axel Bauer : Cargo de Nuit :


Dans le chapitre VII, on entend un quatuor à cordes d’une compositrice contemporaine chinoise, Xu Shing. Comme pour Chopart, procédons par assemblage. D’abord une musique pour cordes de Qigang ChenQigang Chen :

L’Eloignement, pour orchestre à cordes :


Puis un quatuor à cordes contemporain :

Pascal Dusapin : Quatuor VII, variation 17 (Quatuor Arditti)


Et j’ai choisi Dusapin, car on croise à plusieurs reprises dans le roman un compositeur du nom de Denoël qui déteste Dusapin. Pourtant…

A noter aussi que pendant cette soirée dans la galerie Carrefoux, des écrans diffusent The Party et un film de Laurel et Hardy :

Blake Edwards : The Party, trailer :

Laurel et Hardy : La Bataille du siècle (fin) :


Pendant le chapitre 8, Jade et Zeitoun parlent musique. Zeitoun compare Mozart et Haydn. Plutôt que de les confronter, écoutons un extrait d’une des 6 quatuors de Mozart dédiés à Haydn. Les deux hommes les jouaient ensemble dans leur chambre maçonnique, Haydn au violon et Mozart à l’alto :

Mozart : quatuor à cordes n°14, dédié à Haydn. 1er mouvement (Quatuor Mosaïques) :


Jade, elle, évoque la troisième symphonie de Brahms :

Brahms : Symphonie n°3. III Poco Allegretto (Herbert von Karajan, Berliner Philharmoniker) :


Lors du chapitre 9, la maîtrise du Choeur de Basse-Essone devait répéter les Litanies à la Vierge Noire de Poulenc.

Poulenc : Litanies à la Vierge Noire (Mikko Franck, Orchestre Philharmonique de Radio France et Maîtrise de Radio France) :


Allez, ça faisait longtemps, voici un peu de Boulez, et sa première grande oeuvre emblématique (datant de 1954) , Le Marteau sans Maître.

Boulez : Le Marteau Sans Maître. (Yvonne Minton, alto, Ensemble Musique Vivante, Pierre Boulez) :


Dans le chapitre 11, lorsque Jade se rend à la Maison de la Radio pour assister à une émission en direct, des journalistes dissertent sur la 32ème et dernière sonate de Beethoven dans la version d’Ivo Pogorelich.

Beethoven : sonate n°32 op 111  (Ivo Pogorelich, piano) :


Le second mouvement, l’arietta, qui est diffusé pendant l’émission commence à 9’53 sur le lien ci-dessus, et la variation qui « préfigure » le boogie-woogie est à 16’47.

Plus tard, Jade discute avec Victor Dandelot. Il lui explique que Beethoven est plus rythmique que mélodique, sauf dans sa sonate « Le Printemps » :

Beethoven : Sonate pour piano et violon n°5, « Le Printemps », 1er mouvement (Itzhak Perlman, violon, Vladimir Ashkenazy, piano) :


Ils évoquent ensuite pêle-mêle les racines hongroises de la musique de Liszt, l’influence de la musique populaire sur Brahms, le Requiem de Mozart achevé par Sussmäyer, la Xème de Mahler reconstituée par Deryl Cooke et Glenn Gould dans l’Art de la Fugue, rien que ça!

Liszt : Rhapsodie Hongroise n°2 : Vladimir Horowitz


Brahms : Danse Hongroise n°1 (Khatia Buniatishvili, Yuja Wang, piano) :


Mozart : Requiem. Lacrimosa (Claudio Abbado, Chor des Bayerischen Rundfunks, Swedish Radio Choir, Lucerne Festival Orchestra) :

Mozart a écrit les premières mesures du Lacrimosa, le reste aurait été complété par Sussmäyer.


Mahler : Symphonie n°10 (Rotterdams Philharmonisch Orkest, dir : Yannick Nézet-Séguin) :  

Seul le premier mouvement est intégralement de la main de Mahler.


Bach : L’Art de la Fugue – Fugue à 3 voix inachevée (Glenn Gould, piano) :

Aller à 53’58 dans le documentaire.

Voici maintenant les oeuvres jouées par Camille Dessandre lors de la soirée dans son appartement :

Brahms : Intermezzo op 118 n°2 (Radu Lupu) :

Schumann : Carnaval –  Chiarina (Alfred Cortot, piano) :

Schumann : CarnavalChopin (Claudio Arrau) :

Arrau est justement le pianiste qu’écoute régulièrement Jade pour les sonates de Beethoven.

Debussy : Préludes, Livre I – La Cathédrale Engloutie (Nelson Freire) :

Thelenious Monk : Crepuscule with Nelly :

Lors des Victoires de la Musique Classique à Lille, deux oeuvres sont évoquées outre Chopart :

Poulenc : Concerto pour deux pianos et orchestre. Début du 1er mouvement  (Katia et Marielle Labeque, Simon Rattle, Berliner Philharmoniker) :

Haendel : Serse – Ombra Mai Fu (Philippe Jaroussky, contreténor. Paul Dyer, Australian Brandeburg Orchestra) :

Dans le chapitre 18, on donne au Palais Garnier un opéra baroque de Chopart. Pour l’illustrer, voici un extrait d’Ariodante de Haendel :

Haendel : Ariodante – Scherza Infida (Anne Sophie von Otter, mezzo soprano, Les Musiciens du Louvre – Marc Minkowski) :

On y évoque aussi la fin de l’opéra Tosca :

Puccini : Tosca – scène finale (Placido Domingo, ténor, Raina Kabaivanska, soprano. Bruno Bartoletti, New Philharmonia Orchestra) :

Enfin, le dernier chapitre est l’occasion d’entendre à nouveau la Sonate en si mineur de Liszt, cette fois le début. En première partie du récital, Camille Dessandre donne une des deux Légendes et des Extraits des Années de Pèlerinage, toujours de Liszt :

Liszt : Légende – Saint François de Paule marchant sur les  flots. (György Cziffra, piano) :

Liszt : Années de Pèlerinage. Troisième année : Les jeux d’eau à la Villa d’Este. (Claudio Arrau, piano) :

 Et pour finir en beauté, un extrait de Repons de Pierre Boulez, l’oeuvre majeure de sa fin de carrière.

Pierre Boulez : Repons  (Pierre Boulez, Ensemble Intercontemporain) :